Gary Knight | Festival Photoreporter

Jeudi, novembre 1, 2012 |  by  |  Festivals, Photographie

Gary Knight, photographié par Molly Benn

Le projet de Gary Knight est probablement un de ceux qui m’a le plus marqué dans la sélection du Festival Photoreporter. Il a photographié l’immigration illégale entre l’Amérique latine et les États-Unis, vu du ciel et sans jamais montrer personne. Le rendu est exceptionnel ! Les images ne montrent pas simplement une situation, un paysage… Elles suggèrent et font réfléchir. Au regard de sa série, chacun peut se raconter une histoire et en sortir des éléments d’ouverture quant à la problématique compliquée que ce grand photographe aborde.

Age13 : En quoi consiste votre projet ?
Gary Knight : Je voulais me pencher sur la question de l’immigration entre l’Amérique latine et les États-Unis, et je voulais trouver un moyen de raconter cette histoire sans photographier les gens. Il y a plusieurs raisons à cela. D’abord, sur le plan pratique, c’est très compliqué de suivre des migrants. Et en plus, ça a déjà été très bien fait de nombreuses fois avant moi. Quand je me suis baladé près de la frontière, une des choses qui m’a sautée aux yeux c’est que les infrastructures dédiées à l’immigration illégale sont très présentes, mais jamais on ne voit de migrants. On voit leur traces, on voit les pièges qui les empêchent de passer la frontière, mais eux, on ne les voit jamais. J’ai donc décidé de faire ce sujet, sans photographier personne. Je voulais utiliser le paysage sur lequel on pouvait voir clairement les traces des migrants. Ensuite, je me suis rendu compte que vu du ciel, je pourrais mettre en valeur ces traces et donner un point de vue intéressant sur le sujet. Je pourrais notamment apporter la notion d’échelle entre le paysage, l’homme et son voyage.

 

© Gary Knight

Age13 : Qu’est-ce qui a été le plus compliqué à réaliser ?
G-K : C’est très dur de travailler dans le désert. J’ai passé beaucoup de temps à chercher des corps d’êtres humains dans le désert. Je travaillais avec des ONG qui étaient appelée pour ramasser les corps repérés dans le désert. On pouvait marcher 8 à 10h dans la journée, et ne rien trouver parce qu’un animal avait emporté le corps en question. Néanmoins, j’avais tout préparé très précisément. Je savais exactement où aller, combien de temps y passer.

Age13 : Pourquoi êtes-vous photographe ?
G-K : Je suis naturellement curieux, mais exclusivement si j’ai un objectif derrière. Je m’interroge sur des problématiques, et il y a toujours une raison à mes interrogations. La photographie est un bon moyen de s’interroger. Elle me permet de voir le monde, de m’immerger dans la vie des gens. Elle me permet de m’exprimer. En fait, la photographie est la synthèse de tout ce que je recherche.

 

© Gary Knight

Age13 : Quand vous travaillez sur un sujet tel que celui que vous présentez au festival de Saint Brieuc, est-ce que vous pensez à l’impact qu’il aura sur le public ?
G-K : Pour moi, un sujet photographique est toujours la réponse à une question que je me pose. L’acte photographique est un acte d’analyse et de compréhension. Ensuite, quand j’ai compris, j’essaye de le transmettre à ceux qui regarderont mes images. Je ne cherche pas à réaliser quelques images choc qui provoqueront une réaction chez un public, je cherche plutôt à produire une série d’images qui amènera le spectateur à réfléchir à la question que je soulève.

© Gary Knight

KissKissBankBank

1 Comment


Trackbacks

  1. Festival Photoreporter (VIDEO) | Our age is thirteen

Leave a Reply