Sonia Naudy | Festival Photoreporter

Vendredi, novembre 2, 2012 |  by  |  Festivals, Photographie
Sonia Naudy | Festival Photoreporter

Sonia Naudy, photographiée par Molly Benn

Sonia Naudy expose au Festival Photoreporter son premier photoreportage : Afghanistan, dans les prisons des femmes. Le sujet est très fort, les images aussi. Rencontre.

Age13 : Comment en es-tu venue à traiter ce sujet ?
Sonia Naudy : Je suis anthropologue de formation et je suis spécialiste du milieu carcéral. J’ai travaillé dans des prisons au Brésil, en Thaïlande, et je suis arrivée en Afghanistan en juin 2010 avec l’idée de continuer mes recherches sur les femmes en prison. En tant qu’anthropologue, j’utilise la photographie comme support. Et en Afghanistan, j’ai senti que mon sujet dépassait l’anthropologie. Malheureusement, j’ai du m’arrêter quelques temps parce que je n’avais plus d’argent. J’ai travailler dans la communication en Afghanistan, puis je suis rentrée en France. J’ai postulé au Festival Photoreporter, j’ai été sélectionnée, et je suis repartie au printemps dernier.

© Sonia Naudy

Age13 : Pourquoi t’intéresses-tu au milieu carcéral ?
S-N : J’envisage le milieu carcéral comme une micro-société. Chaque société a sa prison et chaque prison dit énormément sur la société qui est autour. Étudier les prisons me permet de comprendre la situation politique, géopolitique et sociale d’un pays.

Age13 : Qu’est ce que tu as appris sur l’Afghanistan ?
S-N : Beaucoup de choses. J’ai compris quelle est la place de la femme dans la société afghane. Elles mêmes, en prison, elles rejouent la société patriarcale de l’extérieur. Il y a une dominante, des dominées. Il n’y a pas du tout de solidarité entre elles.

© Sonia Naudy

Age13 : Pour toi, qu’est-ce qui a été le plus compliqué dans la réalisation de ce sujet ?
S-N : Avoir les autorisations. J’ai un très bon fixeur avec qui j’ai travaillé pendant deux ans. Il connaît beaucoup de gens dans les ministères : exactement le type de relations dont j’avais besoin. Mais même quand tu obtiens les autorisations, c’est le directeur de chaque prison qui décide de te laisser entrer ou pas. S’il te dit non, malgré tout le parcours administratif que tu as pu traverser, il n’y a pas grand chose à faire pour débloquer la situation.
Ensuite, en ce qui concerne les rencontres avec ces femmes, elles se sont toutes très bien passées. Après, il faut avoir conscience qu’elles ont toutes des histoires absolument horrible, et quand tu viens pour les écouter, il faut savoir prendre un peu de distance. Mon appareil photo en était déjà une.

Age13 : Qu’est ce sujet t’aura apporté ?
S-N : Beaucoup de choses. Ce qui m’a vraiment marqué dans ce reportage, c’est que les femmes que j’ai rencontrées ont vraiment eu confiance en moi. C’était le plus beau cadeau qu’elles pouvaient me faire. Je n’aurai jamais pu prendre ces images sans la confiance qu’elles m’ont accordée.

Age13 : Est-ce que tu te sens photoreporter maintenant ?
S-N : Oui, plutôt. Pour être photoreporter il faut faire des photoreportages…alors je vais continuer mon chemin !

© Sonia Naudy

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