Thomas Vanden Driessche | Boutographies 2013
Thomas Vanden Driessche est photographe et vit en Belgique. Gros producteur d’images (il a une vingtaine de séries sur son site internet alors qu’il a commencé la photographie en 2009), il aime le portrait et les sujets originaux. Son carnet des « How to be a photographer in four lessons » a fait le tour du net. Membre du collectif Out of Focus et diffusé par Picturetank, il expose aux Boutographies un sujet documentaire : les marcheurs. En Belgique, entre Sambre et Meuse s’est étrangement maintenu un tradition remontant à plusieurs siècles, disparue dans toutes les autres parties du pays. À partir du mois de mai et jusqu’à la fin de l’automne, chaque entité de la région sort ses reliques religieuses et ses uniformes dans les campagnes environnantes pour honorer le saint protecteur du village.
© Thomas Vanden Driessche
Age13 : Comment le projet « Marcheurs » s’intègre-t-il dans l’ensemble de ton travail photographique ?
Thomas Vanden Driessche : Je dirai que ce projet constitue une légère évolution dans mon travail. Si je reste dans une approche documentaire puisque les éléments que je photographie sont tous réels, je décide néanmoins d’intégrer une certaine distance dans ma façon d’aborder mon sujet. Je n’ai pas hésité à mettre en scène certaines images. Le sujet que je traite ici est très folklorique. Le danger était de tomber dans un reportage classique qui expliquerait qui sont ces marcheurs, comment se définissent leur grade, quelle relique est portée, par qui et comment. Ces questions sont toutes intéressantes, mais elles ont déjà été traitées par d’autres et ce n’est pas ce que je voulais transmettre. La première fois que j’ai été confronté à ces marches, j’ai trouvé cette tradition très étonnante. Il y a un côté un peu hors du temps et étrange. Je voulais enlever le côté contemporain et souligner cette dimension intemporelle. Cette tradition existe depuis longtemps et existera encore longtemps, d’autant plus qu’elle fait maintenant partie du patrimoine immatériel de l’UNESCO. Je voulais aussi faire une série très forte esthétiquement. J’ai donné beaucoup d’importance au paysage autour des personnages.
© Thomas Vanden Driessche
Age13 : Comment choisis tu les sujets que tu traite ?
T-V-D : Pour l’instant, mon travail s’articule autour de deux axes. D’une part je travaille beaucoup sur l’Inde. J’ai un attachement très particulier avec cette terre, à la fois familial et affectif. J’y construis des petites séries qui peuvent paraître séparées pour le moment mais qui, à terme, formeront un ensemble cohérent. D’autre part, je travaille sur ce qui est proche de chez moi, en Belgique, en choisissant des sujets forts visuellement et souvent undergrounds : le championnat de bras de fer, l’ultimate fighting, le jeu de rôle…
© Thomas Vanden Driessche
Age13 : J’ai l’impression que tu réalise énormément sujet…
T-V-D : Oui c’est vrai, j’ai tendance à produire beaucoup alors que pourtant j’ai de multiples activités. La photographie documentaire ne me fais pas encore vivre. Je suis salarié, j’ai lancé ma boîte avec ma copine de graphisme et de photographie commerciale. Je crois que je produis beaucoup parce que je suis très curieux. La photographie me pousse à découvrir plein de choses et rencontrer plein de gens. Aussi, quand je travaille sur un sujet et que je bute, que je n’arrive pas à avancer, je me lance sur une autre série pour y revenir plus tard. Et même si j’aime beaucoup l’approche « micro-sujet » je pense que mon rythme de production va finir par ralentir pour se concentrer des travaux à plus long terme.
© Thomas Vanden Driessche
Age13 : Pourquoi es-tu photographe ?
T-V-D : Imagine, si je suivais des combats de freefight, des championnats de bras de fer, des jeux de rôle et des marcheurs qui portent des reliques dans la campagne…tout ça, sans appareil photo autour du cou. On me prendrait pour un gars étrange, non ? L’appareil photo me donne un bon prétexte ! J’ai aussi une volonté très forte de raconter des histoires. J’ai une formation de journaliste dont je me suis éloigné pendant pas mal d’années. J’étais dans un cursus universitaire et on ne m’y avait jamais parlé d’images. J’ai donc découvert la photographie documentaire assez tard. Je me sens plus à l’aise avec la photo qu’avec les mots.
© Thomas Vanden Driessche
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