Une pluie d’images à Brest
La semaine dernière, une photographe me contacte pour me parler d’un festival organisé par des bénévoles, qui finance les expositions, les frais d’acheminement, qui invite les photographes, qui paye les droits d’expositions. Bref, un festival honorable qui a en plus le mérite d’avoir une belle programmation et qui commence le 19 janvier. De qui parle-t-on ? Du festival brestois Pluie d’Images ! Alors voilà j’ai voulu parler d’eux, saluer leur travail, faire découvrir leur programmation.
Age13 : Pourquoi avez-vous créé ce festival ?
Pluie d’Images : À l’origine de cette aventure se trouve un collectif de photographes amateurs, le CAPAB (Collectif Armoricain des Photographes Amateurs Brestois), et une manifestation culturelle ponctuelle, la « Faîtes de la Photo » : 100 appareils jetables sont distribué un jour donné à partir de 8h et doivent être rendus pour 16h ; les participants photographient Brest sur un thème donné et chaque photographe est exposé le soir-même. Il s’agissait vraiment de créer une grande œuvre collective. Après 3 ans de « Faites de la Photo », on a voulu étoffer nos activités en devenant plus actifs dans le domaine photographique. À la rencontre du photographe Francis Goeller, l’idée d’un festival mêlant professionnels et amateurs est née et a grossi au fil des éditions. Nous avons obtenu petit à petit le soutien de partenaires locaux et des collectivités territoriales.
Le festival Pluie d’Images, est organisé par la MJC/MPT de l’Harteloire (une association à but non lucratif) avec la participation du CAPAB.
Nous développons un projet associatif autour de trois axes forts : une mission éducative, une mission sur le lien social et une mission d’ouverture culturelle. C’est dans ce cadre qu’est organisé le festival photographique Pluie d’Images.
Age13 : Quelle est votre ligne éditoriale ?
P-I : Tous les ans nous choisissons une thématique, fil conducteur de notre programmation, qui s’impose aux photographes professionnels invités et proposée aux amateurs qui se l’approprient. L’une des spécificités de notre festival est cet échange entre professionnels et amateurs.
Nous sommes totalement indépendants. Ce sont nos goûts et nos envies qui orientent nos choix. Nous cherchons à faire un état des lieux de la pratique photographique et de tous les courants qui peuvent exister.
Nous organisons une résidence d’artiste tous les deux ans dont les travaux sont produits dans le cadre de l’édition suivante du festival. La prochaine résidence devrait se dérouler cette année (avec les travaux d’Anne-Claire Broc’h et de Gilles Pourtier) pour une production en 2014 sur le thème de l’adolescence. Ce thème donnera l’orientation de la programmation à venir.
Age13 : Qu’est-ce que ça vous apporte d’exposer des photographes ?
P-I : Nous souhaitons, à notre niveau, soutenir la création artistique, la production et la diffusion (résidences d’artistes, production de travaux, rémunérations…) . Par ailleurs, nous voulons donner à notre manifestation un côté convivial (les artistes logent chez les organisateurs) qui favorise les échanges entre les artistes et le public, mais aussi entre les artistes eux-mêmes. Enfin, nous pensons avoir un rôle à jouer en terme de médiation et de diffusion de l’art photographique auprès du grand public. Nous investissons tous types de lieux au delà des galeries : médiathèques, foyers de jeunes travailleurs, salles de spectacles, mairies, maisons de retraite, maisons de quartiers. Nous sommes donc au plus près des usagers de ces structures. Nous espérons ainsi donner le goût de la photographie à ces personnes et les inciter à fréquenter les lieux institutionnels dédiés à cet art le reste de l’année.
Age13 : Quelles sont les spécificités de l’édition 2013 ?
P-I : La thématique retenue pour cette édition est celle de « transit ». Cinq photographes professionnels (Peter Granser, Zhang Xiao, Matthias Koch, Marion Gambin et Michèle Le Braz) sont invités pour cette édition qui propose 25 autres expositions par ailleurs. Des rencontres sont prévus avec les photographes professionnels durant le vernissage-deambulatoire le jour de l’ouverture du festival (un car mis à la disposition des festivaliers assure le transport entre les lieux d’expositions) ainsi qu’en librairie pour des signatures de livres. La « Faîtes de la Photo » est toujours au programme (12ème édition cette année sur le thème « perspective ») et de nombreuses actions sont proposées dans les lieux d’exposition : visites des expositions par des écoles, valorisation des fonds photographiques des bibliothèques, ateliers numériques, lectures, conférences, sensibilisation du public habituel à la photographie…
Age13 : Pourquoi à Brest ?
P-I : Parce que nous sommes brestois ! Il existe à Brest, et dans le Finistère, de nombreux collectifs de photographes, de clubs… et le festival leur offre aussi une vitrine. Pour ces groupes le festival est aujourd’hui un rendez-vous attendu qui dynamise et oriente les travaux de ces photographes. Il y a également à Brest un tissu associatif d’une grande densité, notamment dans le domaine culturel, propice au développement de ce type de manifestation.
Toutes les informations sont sur leur site internet : www.festivalpluiedimages.com













