Transit – le livre des 10 ans
Transit a décidé de sortir le livre des 10 ans du collectif durant la semaine d’ouverture du festival international du photojournalisme, Visa pour l’Image. Ce livre, qui présente une sélection des projets menés par Transit durant 10 ans, est une véritable réussite. En plus d’avoir prêté une grande attention au format (grand) et à la qualité du tirage (beau), le collectif s’est entouré d’une équipe non photographe pour être aidé dans la réalisation de cet ouvrage. Des auteurs divers pour des textes drôles et enlevés, un directeur artistique pour une sélection pointue et un maquettiste pour un objet cohérent, Transit n’a pas eu peur de s’ouvrir pour cristalliser leur 10 ans d’existence…et bravo ! Le résultat est là.
Interview de David Richard, photographe membre de Transit.
© Alexa Brunet
Age13 : Pourquoi un livre après 10 ans d’existence ?
David Richard : Parce qu’au bout de 10 ans, on avait toujours pas réalisé de livre. Les 10 ans constituaient une belle occasion. Le livre est une des voies royales pour le photographe qui veut montrer ses images, malgré les contraintes qui lui incombent : on a tous déjà souffert de l’angoisse de la double page ! Est-ce qu’on en fait ? Comment on les fait ? Faut-il couper l’image ? Mais un livre, ça s’ouvre et se ferme quand on veut, on l’a chez soi, on y a accès quand on le souhaite. C’est presque comme une exposition, sauf qu’on a rarement une exposition chez soi.
© David Richard
Age13 : Comment est-ce que l’on intègre 10 ans d’images dans un livre ?
D-R : C’est une bonne question…en s’arrachant les cheveux !
En faisant des choix un peu drastiques et en se faisant aider. Quand on veut compresser le temps comme ça, l’objectif reste de dégager l’essentiel et c’est compliqué pour 6 photographes de choisir dans leur propres travaux ce qui doit rester. On a fait le choix de travailler avec un directeur artistique : Vasantha Yogananthan, qui travaille à Picturetank. Ensuite pour la mise en page, on a travaillé avec Placid, maquettiste, graphiste et artiste qui s’occupe notamment des revues XXI et 6 mois. On a travaillé durant 8 mois sur ce livre, et voilà le résultat.
10 ans…c’est pas mal de sujets. On a fait beaucoup d’impasses, on a mis en valeurs certaines séries. On aurait aimé pouvoir mettre plus d’images sur les séries majeurs mais les contraintes financières doivent être prise en compte. On a fait tout ce qu’on pouvait faire avec les moyens, l’envie, le temps et l’énergie dont on disposait durant ces 8 mois.
© Bastien Defives
Age13 : Quelle est la pertinence de Transit aujourd’hui ?
D-R : À l’époque où l’on s’est créé, on a choisi de ne pas s’installer à Paris. Certes, comme les autres collectifs, on réalise des projets un peu partout, mais malgré tout, il y a quelque chose qui fait que nous sommes en dehors des grandes voies de distribution et que nous avons peut-être des lunettes un peu différentes. Le d’habiter entre Montpellier et l’Ardèche nous apporte une sensibilité environnementale. Nous sommes très proche de la ruralité.
Après, tous les collectifs ont plus ou moins un univers culturel commun qui fait qu’ils se sont créés vers les années 2000 (sauf les précurseurs). On était dans une vague alter-mondialiste, les agences se concentraient. Les photographes avaient de plus en plus de mal à intégrer une agence. À cette époque, beaucoup de jeunes photographes, portés par l’alter-mondialisme, avaient envie de faire exister les formes alternatives. Transit n’échappe pas à cette règle là. Ça se ressent dans notre pratique, dans nos thématiques, dans nos envies et notre manière de s’organiser. On a voulu « horizontaliser » les rapports, ne pas s’inscrire dans un rapport hiérarchique. Toutes ces choses sont des spécificités des collectifs, et au sein des collectifs, nous, on les vit à notre manière.
© Nanda Gonzague
© Yohanne Lamoulère
© Alexandra Frankewitz














