Andrew Yang, l’homme aux poupées (des Galeries Lafayette)

Lundi, novembre 14, 2011 |  by  |  Interviews, Mode

Les 8 et 9 novembre derniers, les vitrines des Grands Magasins (Printemps et Galeries Lafayette) ont été inaugurées sur le boulevard Haussmann. L’odeur des marrons chauds et les yeux émerveillés des enfants sont au rendez vous !
Si les vitrines du Printemps m’ont laissée perplexe (la trentaine de Karl Lagerfeld miniatures m’a carrément terrorisée), celles des Galeries Lafayette m’ont transportée. Elles sont habitées par des poupées appelées Kouklitas, création du designer Andrew Yang. Intriguée par ces poupées de chiffon très spéciales, j’ai posé quelques questions au jeune créateur.

Age13 : Qu’est-ce qui vous a inspiré les Kouklitas ?
Andrew Yang : J’ai commencé à faire ces Kouklitas il y a deux ans, alors que je travaillais dans le monde de la mode à New York. J’étais designer de prêt-à-porter féminin, mais je voulais retourner à du travail manuel. J’étais très intéressé par les techniques traditionnelles de réalisation de poupées. J’ai fait beaucoup de recherches et j’ai finalement décidé que la technique mise en œuvre pour les poupées de chiffon était celle qui m’allait le mieux étant donné mon expérience dans la mode. Puis, quand j’ai voulu commencer à les vendre, je me suis rendu compte qu’elles avaient besoin d’un nom. Du coup, j’ai essayé de leur trouver un nom ancien, vu que la poupée est quelque chose de très ancien : le nom Kouklitas est le dérivé de Kouklas qui signifie « poupée » en grec.

Age13 : Quelles histoires racontent-elles ?
A-Y : Les Kouklitas derrière les vitrines des Galeries Lafayette racontent l’histoire des Kouklistars, un groupe de rock composé de 5 filles qui font le tour du monde. Dans la première vitrine, elles sont dans un bus de tournée, poursuivies par les papparazzi. Dans la seconde, elles se font coiffer et maquiller pour leur shooting photo, que l’on retrouve dans la vitrine suivante. Puis on assiste aux répétitions, leur concert et finalement la fête dans leur chambre d’hôtel après le concert. Dans ces six vitrines on retrouve les 5 rockstars, leur manager, leurs fans et leurs techniciens. Si on regarde attentivement, on retrouve certaines poupées d’une vitrine à l’autre. On les reconnaît à leurs expressions et leurs mouvements.

Age13 : Qu’est-ce que ça signifie pour vous d’avoir les kouklitas aux Galeries Lafayette ?
A-Y : Pour moi, voir les Kouklitas aux Galeries Lafayette, c’est la réalisation d’un rêve. Ces vitrines sont une véritable institution ! C’est la première fois que mon travail est montré à si grande échelle, pendant aussi longtemps et à autant de monde ! 500 000 personnes passent par jour devant ces vitrines ! Et quand je vois tous ces gens de tout âge, émerveillés, regardant mes poupées, ça créé une émotion telle en moi que je ne peux l’exprimer. Quand j’étais enfant, j’adorais les marionnettes et tout ce qui s’approchait de près ou de loin à des poupées. Quand j’ai commencé à faire mes poupées, je crois que j’essayais de retourner à ces rêves d’enfant. Les mains expérimentées de Jean-Claude Dehix (marionnettiste des vitrines des Grands Magasins, ndlr) ont fait de ces rêves une réalité. Quand je regarde les vitrines de Noël des Galeries Lafayette, je retourne en enfance. C’est magique.

Age13 : Comment ça se fait que le monde de la mode se soit intéressé à des poupées ?
A-Y : C’est une bonne question ! En ce qui concerne les Kouklitas, voilà comment c’est arrivé.
Au début, je réalisais des Kouklitas juste pour m’amuser. Ça a duré un an, jusqu’à ce que je sois interviewé par le blog East Village Boys, assez connu à New York. Quand cet article a été publié, un styliste du nom de James Worthington Demolet m’a contacté. Il se trouve que c’était un de mes camarades de classe quand je suis arrivé à New York. Il m’a demandé de réaliser des poupées pour le magazine The Block. Ce fut ma première série de poupées de mode (voir la série). Quand je travaillais sur cette série de poupées, je me suis présenté à un casting pour le photographe Terry Tsiolis. Il a adoré mon travail et a pris une photo de mes poupées, qu’il a envoyé à un de ces amis qui travaille chez Vogue. Quelque jours plus tard, j’étais dans les bureaux de Vogue et Anna Wintour me demandais de faire des poupées pour la Fashion’s Night Out de Barneys à New York. Au même moment, Joyce Boutique à Hong Kong et Showstudio Gallery à Londres me proposaient aussi de travailler pour eux.
La plupart des poupées confectionnées pour Vogue se sont vendues à Barneys, mais il en restait quelques unes quand Valerie Hudelot, la nouvelle directrice de l’identité visuelle et du merchandising des Galeries Lafayette, les a vues. Elle a tout de suite pensé qu’elles seraient parfaites pour les Galeries Lafayette. Elle m’a contacté et nous travaillons ensemble depuis !

Découvrez le travail d’Andrew Yang sur andrew-yang.com !

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  1. Dans un autre style, ça me fait penser aux ball jointed dolls de Marina Bychkova, dans la confection traditionnelle et la customisation : http://www.enchanteddoll.com/

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