exp12 – the FLOOD WALL
Exp12, collectif de photographes, organisait, le 21 juin dernier, une projection étrangement appelée the FLOOD WALL. Je ne connais pas particulièrement la programmation culturelle berlinoise, mais en voyant cet évènement circuler sur les réseaux sociaux, je me suis rendu compte qu’il regroupait de nombreux photographes que j’apprécie particulièrement (et dont j’ai déjà parlé ici : Sue-Élie Andrade-Dé, Thibault Brunet, Dorothée Smith). Ma curiosité aiguisée, j’ai donc voulu en savoir plus sur cet évènement qui est d’ailleurs reconduit le 11 août prochain, à Berlin !
Age13 : Qui êtes vous ?
Claire Laude (exp12) : Le collectif exposure twelve s’est créé en 2010. Il regroupait à l’origine douze photographes. Notre activité en tant que collectif se concentre autour d’une galerie et l’organisation d’expositions. Nous souhaitons promouvoir la photographie contemporaine et cherchons à travers des événements comme des projections ou des rencontres qui favorisent les échanges autour de la photographie d’auteur. Une attention toute particulière est portée au livre photographique.
Age13 : Pourquoi avez vous organisé cet évènement : the FLOOD WALL ?
C-L (exp12) : En janvier 2010, un premier lieu d’expositions avait été ouvert. Nous avions du fermer en janvier 2012 car la personne qui nous louait les locaux souhaitait les récupérer. Après avoir vécu une période de remise en question, des départs (des photographes ont quitté le collectif), l’arrivée de nouveaux membres, nous avons décidé de continuer notre activité dans de nouveaux locaux, qui ont été inaugurés le 21 juin par une projection « The FLOOD WALL ».
Nous voulions marquer la réouverture avec un événement particulier et avons choisi de diffuser une projection le soir de la fête de la musique. Les photographies étaient projetées directement sur la vitre grâce à l’application sur le verre d’une boisson grasse, un mélange entre du lait et du beurre, qui en séchant, crée un écran opaque. Le rendu obtenu était ainsi minimaliste.
© David Favrod
Age13 : Comment avez-vous choisi les photographes de votre programmation ?
C-L (exp12) : Anna Meschiari a commencé par demander dans un mail à l’ensemble du collectif de proposer à David Favrod de faire partie de la projection. Aimant son travail, j’ai répondu en proposant d’autres photographes, amis ou connaissances rencontrés lors d’expositions ou événements (quatre photographes furent par exemple exposés lors du festival Manifesto 2011, deux furent rencontrés lors de la MJA – mission jeunes artistes à Toulouse en 2008). Anna et moi avons choisi des travaux de directions différentes tous caractérisés par une prise de position de photographe auteur et dont nous apprécions la qualité du travail et la cohérence de la démarche. Nous voulions montrer divers travaux, témoins de la richesse de la création actuelle et souhaitions ainsi montrer la ligne que nous espérons donner au nouveau départ de notre galerie. The FLOOD WALL présente 29 photographes, 18 invités et 11 membres du collectif.
© Matthieu Gafsou / Courtesy Coming Soon Gallery
Age13 : Quels retours avez-vous eu sur votre première édition ?
C-L (exp12) : Les photographes de la projection ont presque tous répondu de manière positive. Pour nous, ça a été un grand encouragement : nous n’avions que 7 semaines pour organiser l’évènement. (Nous avons été aidées gracieusement pour le montage par Michael Carstens.
La première édition connut un grand public. Nous sommes voisins d’une autre galerie, la Staatsgalerie. Chaque galerie présentait un programme musical. La projection passait en boucle. La rue avait un caractère festif. Le succès nous a motivés à remontrer la projection le 11 août 2012.
Nous avons eu de bons retours sur la programmation, le choix et la qualité de la projection, et nous cherchons à la montrer en France et en Suisse, de belles perspectives s’annoncent dans ce sens pour la fin de l’année.
© Dorothée Smith / Courtesy Galerie les Filles du Calvaire
Age13 : Quelle est la particularité des projections photographiques, en tant qu’évènement ?
C-L (exp12) : La lettre de la photographie du 6 juin insistait sur ce mode de présentation de l’image au public et son engouement actuel. Pour nous ce fut une expérience et un défi. C’était la première fois que nous en faisions une. Choisir la projection nous permettait d’une part d’organiser et de fêter un événement à caractère nocturne, la ré-ouverture de notre galerie, et elle nous donnait aussi la possibilité de présenter un grand nombre de travaux. Une projection exige de réfléchir à une chronologie, un ordre et aux transitions entre les photographies. Dans notre cas, elle nous offrait aussi la possibilité de réfléchir à la mise en scène de l’image dans un espace en relation avec la rue.
Age13 : Pourquoi l’évènement s’appelle-t-il « the FLOOD WALL » ?
C-L (exp12) : L’idée du titre vient d’une conversation avec un photographe de la projection, Michel Le Belhomme, et d’une suite de jeux de mots à ce sujet. Il parlait entre autres du film « fire walk with me» (David Lynch). De là, walk est devenu wall pour mur- vitre/vitrine de la galerie et flood- pour flux, flux d’ images qui se suivent et s’enchainent donc sur un mur.
© Sue-Élie Andrade-Dé
© Augustin Rebetez
© Maya Rochat
© Michel le Belhomme
© Thibault Brunet


















