Gilles Roudière | Promenades Photographiques 2012

Lundi, juin 25, 2012 |  by  |  Festivals, Photographie, Portraits

Gilles Roudière, photographié par Molly Benn

J’ai découvert le travail de Gilles Roudière sur l’Albanie l’année dernière. Il présentait des concours pour photographes émergents. Depuis, il a exposé au festival Circulation(s) et maintenant aux Promenades Photographiques de Vendôme. Son travail est reconnu par la profession. Il ne reste plus qu’à lui souhaiter bonne route pour la suite !

Age13 : Comment as-tu décidé de faire de la photo ?
Gilles Roudière : J’ai eu un grand-père photographe, et j’ai beau ne pas bien le connaître, je crois que ça m’a tout de même influencé. Il était pour moi un personnage un peu mystérieux. Un jour, quand j’étais enfant, j’ai monté une chambre noire avec mon père devant ma maison.
Plus tard, j’ai étudié la finance, sans jamais être particulièrement emballé. À l’époque, j’avais une compagne à Berlin, en Allemagne. Je voulais changer d’horizon. J’ai donc décidé de quitter Paris,  de m’installer à Berlin et de devenir photographe.

© Gilles Roudière

Age13 : Alors, t’es heureux depuis que t’es devenu photographe ?
G-R : Je suis très heureux ! Ça a pris du temps. J’étais très naïf au début. Je ne pensais pas que ça prendrait autant de temps. Quand je me suis installé à Berlin, j’avais un peu d’argent de côté et j’ai beaucoup photographié la ville. Mais je n’étais pas très convaincu de ce que je faisais. Je ne savais pas trop où j’allais. En parallèle, je commençais à alimenter ma culture photographique qui était quasiment inexistante. C’est là que je me suis aperçu que j’étais, en fin de compte, un vrai débutant. Un jour, mon père a provoqué une rencontre avec Hugues Vassal. Je lui ai montré un portfolio que j’avais fait-main. Il l’a feuilleté 15 secondes… et il m’a dit que c’était pas terrible. L’échange n’a pas été très pédagogique mais il a eu le mérite d’être sincère. J’ai donc continué à persévérer. Le déclic s’est produit quand j’ai décidé de quitter mon quotidien et de voyager. Je suis parti en Moldavie pour 5 semaines avec l’idée d’y faire un portrait subjectif du pays. Je suis revenu avec un portfolio que j’ai présenté à Arles. J’ai eu mes premiers retours positifs. J’ai exposé à Paris. J’ai commencé à me dire que mon travail était pas si mal. Et, de fil en aiguille, me voilà ici, à Vendôme.

© Gilles Roudière

Age13 : Pourquoi la photographie particulièrement ?
G-R : À priori, c’est une discipline qui est abordable par tout le monde. Il s’agirait d’avoir un appareil photo et d’appuyer sur un bouton… mais finalement, c’est pas si simple. Je crois que la différence se fait sur la culture générale, qui n’est pas un savoir très technique finalement.

Age13 : C’est important d’avoir une bonne culture générale pour faire une bonne photo ?
G-R : Je trouve que c’est essentiel oui.

© Gilles Roudière

Age13 : Est-ce que c’est difficile de rentrer dans le milieu de la photo ?
G-R : C’est pas évident. Mais je trouve normal que ce soit compliqué de trouver sa place et d’être exposé quand on est connu de personne. Évidement, il faut pouvoir montrer ses photos à des gens pour qu’ils puissent dire à un moment « oui, ça nous intéresse »…ou pas. En ce qui me concerne, je suis allé à Arles, Paris-Photo, les grands rendez-vous où l’ont peut rencontrer des professionnels. Petit à petit j’ai fait des rencontres intéressantes qui ont fini par porté leurs fruits. Sinon, c’est vrai que c’est difficile d’intégrer ce milieu. Je suis pas sûr qu’on arrive à grand chose en mettant uniquement ses photos sur un site internet.

Age13 : Quel conseil donne-tu as un jeune photographe qui veut se lancer ?
G-R : D’y mettre du cœur. De croire à sa propre écriture photographique. De toujours rester dans sa démarche personnelle, ne pas essayer de faire quelque chose qui plaît au public. D’être patient. De regarder beaucoup d’images. De beaucoup photographier.

© Gilles Roudière

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