Pourquoi suis-je photographe ?

Dimanche, janvier 1, 2012 |  by  |  Interviews, Photographie

Pourquoi suis-je photographe ? Je vous ai posé la question le mois dernier et voici ce que vous m’avez envoyé. Pourquoi rassembler vos réponses ici ? Pour vous souhaiter avec optimisme une bonne année 2012 ! Non, la photographie ne meurt pas, le photographe non plus. En vous demandant pourquoi vous faites ce métier, j’ai souhaité vous montrer que la somme de vos volontés personnelles continue de nous faire voyager et réfléchir, et ce malgré la crise…quelle qu’elle soit ! Bon vent !

Pour ceux qui souhaitent apporter leur contribution, je vous invite à m’envoyer un mail à contact@ourageis13.com ou à commenter l’article. Je publierai vos réponses.

Léo Caillard : Je suis photographe car avoir un regard sur le monde et pouvoir le partager avec les autres est une chance inouie. www.leocaillard.com

Gaëlle Magder
: Pour raconter des histoires, pour faire rêver, pour témoigner, pour informer, pour ne pas oublier, pour découvrir, pour rencontrer, pour échanger, pour le plaisir… En un mot : pour dire le monde. www.gaellemagder.com

Aline Mayer : Prendre des photos c’est donner à voir. alinemayer.blogspot.com

Clara Pougeard : Pour ma part, la photographie est un outil de travail, une façon de voir autrement que par le dessin, de rester ancrée dans une certaine réalité pour pouvoir développer un univers qui m’est propre ensuite. Alors “je suis photographe” par nécessité, et par goût de l’image, quelle qu’elle soit :) les-fugaces.blogspot.com

Germinal Roaux : À travers la photographie je cherche ma place. Un lieu entre le passé et le futur, où les choses semblent tenir en équilibre, au bord du fleuve. Étant d’une nature très anxieuse, figer l’instant avec le déclic de l’appareil photographique, me rassure. Dans un monde, où tout bouge, tout le temps, cela me donne un sentiment de sécurité provisoire. Ici et là, dans la durée de cet instant, quelque chose tient. www.germinalroaux.com

Stéphanie de Rougé : Je pense en images… www.stephaniederouge.com

Tilby Vattard : Pour représenter la frontière entre réel et imaginaire. Pour déambuler à la surface du monde. Pour explorer la lumière. www.tilby.fr

Eric Gaudard : Autrefois animateur de mariage, j’ai souhaité prendre des vidéos et des photos de mon activité, et donc de soirées de mariage pour enrichir mon site web. Je donnais toujours les images aux mariés, et ils étaient toujours ravis ! Petit à petit, je me suis mis à capturer les soirées de mariage, non plus pour montrer mon travail d’animateur, mais pour faire plaisir aux mariés. Et petit à petit, j’ai pris de plus en plus de photos. Des mariés m’ont proposé de venir plus tôt, et je suis devenu photographe de mariage. Et le fait d’avoir eu une amie photographe n’y est pas pour rien non plus !Depuis, c’est toujours la même motivation qui me pousse à évoluer dans cette discipline: le plaisir de voir le sourire des personnes que je photographie lorsqu’elles voient les photos. Souvent, les personnes ne s’attendaient pas à se trouver jolies en photos, et c’est là que c’est super !
Je suis aussi devenu photographe car cela permet d’assouvir mes envies créatrices relativement facilement, et que je partage très simplement. C’est plus compliqué d’être peintre par exemple ! Après il y a aussi une forte concurrence, et il n’est pas évident de se démarquer parmi les millions de photos prises chaque seconde dans le monde. C’est un challenge d’être photographe aujourd’hui. www.ericgaudard.fr

Romain Baillon : Pour commencer j’avoue que c’est jusque-là le seul quolibet que j’assume si on me demande ce que je fais dans la vie, quel est mon métier. Or si on s’approche ça fait sourire, vu que je n’ai jamais gagné plus de trois francs six sous avec la photographie, et que je me fiche bien d’imaginer que je perdrais encore beaucoup d’argent à en faire. J’aime le métier de photographe car c’est un truc d’amateur, d’artisan, y a rien de bien sérieux et de bien respectable là-dedans. Mais de mon point de vue, pour passer le temps, passer avec le temps, et j’ai essayé pas mal de trucs, y a pas beaucoup mieux. Commencer donc par me rappeler cette chance inouïe de pouvoir dire : je suis photographe, et préciser que ça n’empêche pas d’avoir d’autres activités par ailleurs, à la différence de beaucoup de ces métiers qui vous suceront volontiers la moelle sans assez de contrepartie.
Pour continuer, je veux bien faire partie du sérail, ça ne me dérange pas d’être associé à la corporation des photographes, alors même qu’ils sont finalement assez peu nombreux à me toucher. Et même je dirais volontiers qu’il y a beaucoup trop d’images dans le monde, on sature, à quoi bon, etc. Mais je me sens en bonne compagnie avec eux, avec leurs modes de vie, leur inventivité pour mettre la photo au centre de leur vie, alors qu’il y a le plus souvent si peu à y gagner ! Le temps de pouvoir assumer de dire : j’en suis, et ça restera. Car entre faire de la photographie et être photographe, il y a un petite différence qui est un monde : être photographe a du sens pour moi, et je reconnais ça chez nombre de mes camarades de jeu, parce que je me suis jeté dans ce petit pas à corps perdu et que ce fut une libération. Un ensauvagement et une libération : d’une manière ou d’une autre il s’agit toujours de ne pas rompre ce fil et de poursuivre l’investigation dont je m’étais saisi avec les moyens du bord. Après quoi la photo s’éloigne et se rapproche en fonction des aléas : peu importe. Je peux témoigner que oui, on peut suivre son chemin de photographe, et qu’il en sortira quelque chose. Continuer par se sauver soi en se frottant à l’essentiel : être photographe c’est pour rire mais ça compte quand même davantage que le reste… Enfin, ça a l’air d’être un détail mais il me semble que ça rapproche du fond de la chose : parce que le mot dit beaucoup autant qu’il est joli. Alors même que la photographie est plutôt une activité de solitaire, on y voit déjà dans ce mot qu’on ne s’en sortira pas seul, il va faire falloir faire avec une contrainte élective, écrire dans une matière noble, et c’est très bien comme ça. Entre soi et le monde il y a de la lumière. A l’intérieur et à l’extérieur de la clarté. Voyons cela. romainbaillon.free.fr

Richard Vantielke : Parce que je n’ai pas le choix ! J’ai commencé à pratiquer sérieusement la photographie à partir du moment où je me suis rendu compte que j’étais incapable de réaliser des photos de vacances normales :) Mes photos de vacances ont toujours été étranges avec des angles de vue inhabituels, des contre-jours cachant mes amis, des jeux de miroirs dès que j’avais à disposition une surface réfléchissante. J’ai donc décidé d’abandonner toute ambition de réaliser un jour des photos normales et j’ai commencé à expérimenter mes idées de mise en scène avec un compact à partir de 2005. Voilà pourquoi je suis photographe… www.ludimaginary.net

Simon Jourdan : La vie est un mensonge … un songe … la photographie est un mensonge … elle ne retranscrit qu’une partie d’une réalité. Celle que le photographe veut bien laisser entrevoir. De l’objet scientifique à l’œuvre artistique, la photographie est avant tout une vision personnelle au service d’un propos personnel. À trop « voir » les choses on en oublie parfois de les « regarder ». La vie est un mensonge … un songe … la photographie est un mensonge … je me mets à nu et c’est beau. simon.jourdan.photos.pagesperso-orange.fr

Vincent Rubin : Parce que je suis né messager et qu’après de puissantes investigations dans tous les champs possibles et imaginables de la connaissance et de l’existence, j’ai compris que la peur de la fin est la matrice de notre malentendu sur cette planète. Tout est toujours, sans début ni fin. Je cherche à transmettre le message d’une éternité. Pour réaliser ce tour d’alchimiste, l’image comme médium possède un pouvoir d’attraction dont je tente de maitriser les arcanes : suspendre le regard et créer du Temps. rubinvince.free.fr

Jérôme d’Almeida : Au départ, c’était une incompréhension du monde. Qu’il y a t-il au loin ?
C’était l’âge, vers 7 ans, où l’on comprend à peine que le monde existe en dehors de sa maison. De là est née une fascination pour l’ailleurs, renforcée par l’histoire d’un père africain arrivé vers ses 25 ans en Europe. D’où vient-il ? A quoi ressembe sa terre natale ? Quelle était sa vie avant ? Autant de questions et d’inquiètudes de ne jamais connaitre le monde dans sa totalité. Ensuite, la découverte du cinéma, avec ses longues histoires, ces nouveaux horizons et la force des images sur le spectateur. Comment une succession de plans peut nous posséder et imprégner notre imaginaire ? Je pars à la recherche d’une solution pour récréer ces émotions. J’ai 15 ans et j’explore tous les moyens : écriture, dessin, vidéo, accumulation d’objets. Sans succès. Puis, par hasard, je découvre la photographie et je comprends que la force du récit est dans l’arrêt sur image et non dans son déluge. Ses explorations m’ont aussi emmené vers la littérature avec quelques auteurs de prédilection : Camus, Guibert, Julien Green, Kafka. Je suis fasciné par leurs manières de nous raconter des histoires, et pour certains leur propre mise en scène. Le « Je » s’impose comme point de vue possible et m’ouvre à une autre interprétation du réel. Suit la découverte du Louvre et du Centre Pompidou. Chocs simultanés. Rothko vs Brueghel. Gerhard Richter vs Hans Holbein. Otto Dix vs Jerome Bosch. Jeff Wall vs Rogier van der Weyden. La force d’une image et d’une idée. Ma pratique de la photographie émerge pour devenir une exploration de visages et de territoires avec une certitude en tête : dire qui je suis et raconter cet ailleurs. jeromedalmeida.viewbook.com

Nathalie Hubert : Pour échapper au réel. www.nathaliehubert.fr

Philippe Guionie : Avec la photographie, j’existe, j’ai fini de vivre. www.philippe-guionie.com

Hai Thanh : Je suis photographe parce que j’aime regarder la vie quotidienne qui se déroule autour de moi, et j’aime la montrer à travers mes yeux. haithanh.net

Julie Biancardini : Parce que je ne sais pas dessiner et que je suis quelqu’un d’extrêmement impatient, il me fallait quelque chose à visée rapide ! www.juliebiancardini.com

Caroline Hanny : Parce que je suis hypnotisée depuis ma plus jeune enfance par les images. A force de regarder, le besoin de créer mes propres images s’est fait vivement ressentir un jour… et pour toujours… www.carolinehanny.com

Guillermo AQ : Pour figer l’éphémère, raconter une histoire, capturer des souvenirs.

Sabine Leroux : Parce que je suis indépendante, sans patron, sans bureau dans un lieu fixe avec des horaires fixes. Je découvre des gens et des lieux différents dès que je travaille, par moments seule, par moments en équipe…ou bien je suis tranquille chez moi devant mon ordi, quand je suis en post-production comme aujourd’hui. Parce que j’explore et sculpte la lumière, je me questionne, je me cherche, je trouve mon esthétique…ou bien je réponds à un brief précis, sans création à proprement parler mais, dans une logique d’artisane, heureuse dans mon studio, à exercer mon savoir faire technique, à produire de l’image de commande, utile, payée, qui me fait vivre, et me fait aimer ma vie. Et j’aime l’insécurité qui va avec ce métier, comme je ne suis pas une angoissée, je vois surtout ma liberté, mon temps libre, et en contrepartie de l’insécurité, on a peu de temps de travail pour un bon tarif ! www.sabine-leroux.com

Henri Baudon : Pour fixer dans le temps un instant, une scène. Pour se souvenir. Et pour montrer aux autres ce que MOI je vois.

Maika Elan : Je suis photographe parce que j’aime voyager. www.maikaelan.com

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  1. En tant qu’autodidacte, sans réseau particulier, mais animé par l’envie… je continue ce virage récent d’un changement de vie pour me « lancer » dans la photographie. Ce qui me pousse ? L’envie de montrer aux autres, de découvrir, de partager une sensibilité, des moments et donc, des émotions. Lorsque l’on me complimente sur une photo, je préfère qu’il s’agisse d’évocations plus que de technique ou de couleurs. C’est le pouvoir des images : chacun peut, sans connaissances particulières s’y retrouver, sourire, avoir peur, être saisi… ou être indifférent. C’est selon, chacun sa sensibilité. J’offre donc la mienne, ni en ASA ni en ISO, mais juste en images. Etre photographe c’est donc dialoguer avec l’humain. C’est un échange d’affects, un coup d’oeil / pression sur l’index au service d’un discours en construction ayant pour but le partage. Ou pas? Est-ce d’abord une quête d’identité, au travers de moments figés… ?
    Je me construis dans cette direction, je n’ai donc pas les idées trop clairement arrêtés. Je laisse donc passer la lumière à travers le rideau…
    Quoi qu’il en soit, quand je shoote, je me shoote, j’aime ça, cela me force à observer, regarder, anticiper, découvrir. Je vis, au rythme du sacré bruit que fait mon boîtier à chaque déclenchement.
    http://www.quentincrestinu.com
    (vous pouvez aussi chercher la page « quentin photo » sur facebook)