Vincent Fournier
Vincent Fournier, photographié par Molly Benn
Vincent Fournier explore le monde, les observatoires, l’espace, les robots, l’infiniment grand et l’infiniment petit. Je vous ai parlé de son livre Brasilia il y peu. Il expose en ce moment aux Rencontres d’Arles, il présente des œuvres tableaux au parc des ateliers ainsi que son dernier livre : Past Forward.
Age13 : Parle moi de ton parcours !
Vincent Fournier : J’ai d’abord étudié le cinéma et la sociologie avant de passer le concours d’entrée à l’ENSP. Après l’école d’Arles, j’ai monté une petite maison d’édition de livres de photographie contemporaine avec l’aide des institutions locales. Je suis ensuite monté sur Paris pour y travailler en tant que directeur artistique dans une agence de publicité luxe et cinéma. Au bout de deux, j’avais envie de changer d’orientation et j’ai commencé une activité de photographe. J’ai d’abord voyagé pendant un an en travaillant sur un projet que j’ai appelé Tour Operator. Je m’intéressais aux paysages en mutation. Comment l’économie et l’homme modifient l’environnement ? Ce projet m’a permis d’entrer en galerie.
© Vincent Fournier
© Vincent Fournier
Pendant cette année de voyage, j’ai aussi été amené à photographier quelques observatoires scientifiques. Le fait de voir un centre technologique très élaboré dans un environnement souvent brut et assez extrême m’a beaucoup intrigué et comme un projet en emmène un autre… je me suis mis à photographier les centres spaciaux, les centres de recherches, les centres d’entraînement, les centres de lancement. Au début de ce travail, mon traitement photographique était très documentaire et assez frontal. Mais au fur et à mesure, j’ai commencé à mettre en scène mes images. Je me servais de l’alibi de la science pour créer des histoires souvent improbables. Je trouvais pertinent d’utiliser le côté sérieux et presque autoritaire de la science pour parler de choses plus ironiques. En m’intéressant à la robotique, j’ai petit à petit mis en scènes les robots comme s’ils faisaient partie de notre quotidien. Et dans cette fiction, cette spéculation même, il y a bien sûr un côté critique, mais il y a aussi une dimension à la fois drôle et angoissante.
© Vincent Fournier
© Vincent Fournier
Mes images restent toujours très esthétique. J’aile ce qui est beau et je ne m’en cache pas. J’aime composer des images tableaux, assez picturales et graphiques. Maintenant, je travaille avec une chercheuse spécialiste de la transgénèse. Je pousse la mise en scène encore plus loin en jouant sur l’idée de vraisemblable. J’utilise des vrai-faux documents pour composer des organismes vivants modifiés.














