Eric Bouvet, entre le 4×5 et le 24×36
J’ai rencontré Éric Bouvet lors de mes premières Rencontres d’Arles en 2010. À cette époque, le photojournaliste était pour moi un mythe, je n’en avais jamais rencontré. J’avais bien sûr lu des autobiographies : Don Mc Cullin, Patrick Chauvel
, Robert Capa
, Raymond Depardon
… Je me demandais ce que ça signifiait vraiment de ramener des images de ces terres dangereuses. Je me demandais ce qui pouvait pousser ces hommes à aller sur le terrain, mettre leur vie en danger et photographier. Alors, quand j’ai fait la connaissance d’Éric, j’ai voulu poser des questions… mais non, je n’ai rien demandé (j’étais encore un peu timide), jusqu’à septembre dernier où il a remporté le Visa d’Or (News) et j’ai eu envie d’en savoir plus. 30 ans de carrières, beaucoup d’images et d’histoires. Aujourd’hui, je lui ai posé 3 questions assez simples, pour vous faire découvrir son travail.
Age13 : Pourquoi es-tu photojournaliste ?
Éric Bouvet : Pour vivre une vie extraordinaire, pour voir l’histoire se dérouler en « live » sous tes yeux, pour vivre intensément. Parce qu’avec le photojournalisme en photographie tu ne triches pas : un peintre peut retoucher son tableau, un écrivain peut raturer son manuscrit. Nous, on a la photo ou on ne l’a pas. C’est aussi pour cela que je m’efforce depuis plusieurs années à n’appuyer qu’une fois sur une scene, attendre le moment intense, l’instant ou tout va se jouer.
© Éric Bouvet
© Éric Bouvet
© Éric Bouvet
© Éric Bouvet
Age13 : Comment choisis-tu tes sujets ?
E-B : Je les choisis en fonction de mes envies, de l’histoire, de mes préférences, de mon mental et mon physique, c’est une alchimie. L’année dernière, j’ai beaucoup travaillé sur la Libye. Ça été très chaud. Le jour où la caserne de Kadhafi a été attaquée, j’ai bossé dur toute la journée et j’en suis sorti complètement azimuté. Je ne reconnaissais plus certains de mes amis photographes. Ensuite, il y a eu la mort Rémi Ochlik. Là, j’ai décidé de prendre une année de break. J’ai décidé de faire des sujets sur la paix et le bonheur. J’ai fait le tour du monde des rassemblements des Rainbow family, et j’ai fini l’année avec le Burning Man, un rassemblement artistique en plein désert dans le Nevada.
© Éric Bouvet
© Éric Bouvet
© Éric Bouvet
© Éric Bouvet
Age13 : Tu vas repartir sur des conflits après ça ?
E-B : Si un magazine ou un journal me propose, oui. Je ne me suis jamais senti aussi fort avec mon œil depuis que j’ai fait cette « retraite » avec ma chambre 4×5. Mais maintenant, le 24×36 m’appelle, et je sais que je suis à bloc.
















