François Hébel, directeur des Rencontres d’Arles

Mardi, juillet 3, 2012 |  by  |  Festivals, Interviews, Photographie

Une 43ème édition consacrée aux anciens élèves de l’École Nationale Supérieure de la Photographie (ENSP). Rencontre avec François Hébel, directeur du festival.

Age13 : Qu’est-ce que cette 43ème édition du festival révèle sur la jeune création ?
François Hébel : C’est une édition un peu particulière qui s’ouvre aujourd’hui puisqu’elle est très liée aux anciens élèves de l’école de la photographie d’Arles. On ne parle pas de toute la jeune photographie mais du moins de jeunes photographes issus de l’ENSP. Depuis 30 ans, cette école forme des photographes dans un esprit avant tout critique : ils ne vont pas simplement être de bons techniciens, de bons éclairagistes, mais ce seront des photographes qui sauront comprendre comment leur photographie va s’inscrire dans l’Histoire de la Photographie. Leur ambition est de faire œuvre.

Age13 : Aujourd’hui, est-ce essentiel de faire une école de photographie ?
F-H : Cette question fait l’objet de nombreux débat. D’ailleurs, au sein du festival, nous exposons Josef Koudelka qui affirme que faire une école de photographie est strictement inutile, et qui est devenu un des plus grands photographes contemporains. En même temps, l’ENSP a quand formé des photographes assez exceptionnels dont nous montrons une petite sélection (26 sur 674 photographes sortis). Un des professeurs de l’école d’Arles dit que l’école ne fait pas un photographe, mais elle l’aide à se révéler plus vite.

Age13 : Quelle est la spécificité de l’ENSP par rapport aux autres écoles de photographie françaises ?
F-H : Les autres écoles ont avant tout une formation technique importante. L’école d’Arles a avant tout une bibliothèque. À Arles, on essaye de comprendre comment la photographie évolue, on essaye de comprendre tous les champs de la photographie, avant de simplement comprendre la technique photographique. La technique photographique est au service des projets, et la technique photographique n’est pas la maîtrise absolue que recherche à transmettre l’école.

Age13 : Si vous aviez une exposition à mentionner dans tout le programme ?
F-H : Non, ça je ne le ferai pas. Je passe mon année à refuser des projets. Ceux que je programme, c’est ceux auquel je crois. Je ne privilégie jamais une exposition par rapport à une autre. De plus, ce serait très difficile cette année parce qu’on ne peut pas les comparer. Il y a des collections absolument merveilleuses comme celle de la Société Française de Photographie à côté de celle du musée Galliera. On ne peut pas comparer des dépôts de brevet à la SFP avec l’histoire du mannequin dans la photographie. Je crois que c’est un festival à regarder. On n’est pas dans une édition où l’on peut raconter les expositions en s’appuyant sur des faits marquants de tel ou tel pays. Il faut venir regarder, se rincer les yeux, et là on prendra beaucoup de plaisir parce qu’il y a vraiment des propositions extrêmement variée.

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