Jasmina Barshovi au festival d’Hyères
Tout juste diplômée, Jasmina Barshovi a été sélectionnée au festival International de Mode et de Photographie d’Hyères. Elle est l’auteur d’un beau travail sur l’adolescence.
Age13 : Quel est ton parcours ?
Jasmina Barshovi : J’ai fait la Haute Ecole d’Arts et de Design de Genève, en design et mode. Je viens d’obtenir mon bachelor en juin dernier. Je ne me suis pas encore lancée dans un stage parce que je voulais économiser un peu d’argent avant. J’étais quand même partie à New York pour commencer à chercher un stage intéressant, mais j’ai eu l’appel du festival d’Hyères, pour m’annoncer que j’étais sélectionnée, la veille de mes entretiens. J’ai donc décidé de profiter du festival, faire de belles rencontres, et penser aux stages après.
Age13 : Qu’attends-tu du festival de Hyères ?
J-B : Surtout des rencontres. Je ne me rends pas vraiment compte du monde de l’incidence que ce festival peut avoir auprès des professionnels, mais j’espère vraiment rencontrer les bonnes personnes.
Age13 : Qu’est-ce que tu présentes comme travail ?
J-B : Je présente une collection homme fortement imprégnée de la nostalgie que j’ai pour mon adolescence et des garçons qui m’entouraient alors. Les habits évoquent la mémoire. Ils fonctionnent par couches de transparence : quand on essaye de se rappeler de quelque chose, mais tout n’est jamais clair, les souvenirs se mélangent entre eux. C’est ce sentiment que j’ai essayé de traduire dans mon vêtement.
Age13 : Et pourquoi t’es-tu lancée dans une collection homme ?
J-B : J’aime bien le vestiaire masculin parce qu’il fonctionne avec beaucoup de détails et de subitilités. J’ai pris beaucoup de plaisir à retravailler les codes du vêtement homme en jouant sur les matériaux, les proportions, les couleurs. J’ai confectionné des jeans en mousseline de soie, des T-shirts plus courts, la transparence est au cœur de la collection.
Age13 : Et tes références ?
J-B : Hedi Slimane. Il a beaucoup photographier les adolescents. Et je trouve qu’il cristallise parfaitement la fragilité et le côté brut que l’on retrouve dans l’adolescence. Son travail m’a beaucoup aidée pour cette collection.
Age13 : Le monde de l’adolescence a l’air de pas mal t’inspirer. Pourquoi ?
J-B : C’est un âge très beau car il est empreint de fragilité. Il y a toute une affirmation de soi à faire et une sensualité qui n’est pas encore assumée. Ça me touche beaucoup.
Age13 : Qu’est-ce que tu cherches à faire à travers tes créations ?
J-B : Exprimer une certaine sensibilité. Souvent des choses très simples suffisent. Je crois que par le choix des matériaux, des imprimés, on peut faire réveiller des sentiments chez l’autre même si le vêtement reste simple.
Age13 : Et enfin, pourquoi la mode ?
J-B : Le côté « glamour » et exigeant de ce milieu m’a toujours attiré. J’aime aussi le fait de modeler son image, d’être le maître de son paraître. Qu’on le veuille ou non, on essaye de se créer un personnage à travers l’habillement.














