La compagnie LFB au Point Ephémère
Lilli Garcia Gomez, danseuse, colombienne, sur scène, et Guillaume-Van Roberge, à côté de la scène, compositeur, québecquois, écrivain aussi, présentent une pièce de danse contemporaine intitulée Discothèque, au Point Ephémère le 27 et le 31 janvier. Je les ai rencontrés lors d’une de leur répétition.
Age13 : Que raconte cette pièce de danse ?
Guillaume : C’est un solo qui parle de l’amour. Nous avons élaboré plusieurs tableaux qui évoquent tous un rapport à l’amour différent. Pour cette pièce, nous avons demandé à 70 personnes de définir ce qu’était l’amour. Nous sommes partis de leurs réponses. On a fait beaucoup de recherches sur les mouvements : qu’est-ce qu’on veut dire ? comment on le dit ?
Lilli : Pour nous, on ne construit pas seulement une pièce, on essaye d’élaborer un langage. Quand j’interprète Discothèque, je ne me sens pas comme une danseuse, je me sens femme. C’est l’histoire d’une femme, l’histoire de sa relation à l’amour, de sa relation à la maladie aussi… Elle a subi une opération et ne peut pas bouger comme elle le souhaite.
Age13 : Qu’est-ce que ça veut dire en danse, créer un langage ?
G : Créer un langage en danse contemporaine, c’est développer une façon de bouger, une façon de dire qui est propre et qui n’est pas forcément liée à la technique.
L : C’est trouver les mouvements pour exprimer ce que l’on veut dire. Dans cette pièce, chaque mouvement que je fais est la conséquence d’une émotion, d’un sentiment ou d’une idée.
G : On pourrait résumer en disant : créer le langage c’est formaliser une idée.
Age13 : Est-ce que la danse contemporaine est assez accessible au grand public ?
G : Jérôme Bel (instant wikipédia) définissait l’art contemporain comme un deal entre le spectateur, le producteur et l’artiste qui crée. Le spectateur va se déplacer, il va même payer pour voir quelque chose, mais il n’y a aucune garantie que ça va lui parler, le producteur va risquer de l’argent pour produire une œuvre dont il ne sait presque rien, et l’artiste, lui, il va essayer de créer quelque chose de nouveau. Il peut arriver que tu ailles voir un spectacle où tu ne comprends vraiment rien, et d’autre fois tu peux tomber sur des choses hyper sensibles qui ne sont pas de l’ordre de la danse même si tu vas voir de la danse. Il ne faut pas s’arrêter au premier spectacle qu’on ne comprend pas. Il faut voir beaucoup de choses pour tomber sur des moments de grâce.
Age13 : Comment ça se passe la vie de danseur ?
L : C’est très difficile. La France permet aux danseurs de devenir intermittent, mais il n’y a pas beaucoup d’argent pour les compagnies pour pouvoir produire de la danse et donc engager beaucoup de danseurs. Tu galères pour faire tes heures d’intermittent. Tu te débrouille avec les moyens du bords. Tu as des boulots alimentaires parce qu’il faut payer le loyer et qu’il faut manger. Quand t’es dans une compagnie tout va bien. Quand tu as ton statut d’intermittent, tout va bien. Et quand tu perds ton statut, tu dois tout recommencer. Et c’est de plus en plus difficile je trouve. Mais je continue parce que c’est ce que j’aime faire.
Pour en savoir plus, consulter le site du Point Ephémère









