Lucie et Simon, Silent World
Lucie et Simon sont un couple de photographes que j’adore ! Après avoir marqué l’actualité photographique avec leurs séries Scenes of Life et Living Images, ils viennent de mettre en ligne les premières images de leur dernier projet : Silent World. Encore un très beau travail !
Age13 : Silent world, c’est quoi ?
Simon : C’est un projet sur lequel nous avons commencé à travailler en 2009. L’idée est partie de notre envie de voyager. On avait envie de parcourir le monde et le transformer en un univers à la fois imaginaire et inconnu. On est donc parti sur l’idée de photographier quatre Métropoles symboliques de notre monde (Paris, New York, Pékin et Rome), et les transformer en villes désertes, comme abandonnées.
Age13 : Comment avez-vous vidés ces lieux de leur population ?
Simon : C’est notre petit secret de fabrication..
En fait, notre point de départ a été de trouver le moyen de réaliser ces images. Nous voulions mélanger des techniques anciennes et modernes et réaliser un travail à mi chemin entre ces deux époques.
D’une part, nous effectuons des temps de pose de plusieurs heures comme les photographes du 19ème siècle, ce qui permet de faire disparaître tout ce qui est en mouvement sur l’image (les passants, les voitures) ; puis, nous réalisons un travail informatique pendant plusieurs mois, qui nous permet de recomposer certains éléments des images : des ombres, certains personnages…
La base de notre travail n’est donc pas dans la retouche mais dans la pose longue, dans un temps suspendu, un thème qui nous tient particulièrement à coeur dans notre travail.
Age13 : Pourquoi vider ces lieux de leur présence humaine ?
Simon : Je crois qu’on aime beaucoup confronter les notions de réel et d’irréel. Dans ces lieux emprunts de symboles (l’Opéra, la Concorde, Time Square, Tien An Men), l’absence de présence humaine donne un rendu post-apocalyptique au monde. On a le sentiment que quelque chose de fort ou en tout cas d’inexpliqué s’est passé. c’est certainement un des axes principaux de notre travail, et peut être symbolique de notre génération, d’étudier les questions d’environnement, ce que le monde va devenir. En un mot notre rapport au monde.
Age13 : Pourquoi mettez vous autant de temps à réaliser vos séries ?
Lucie : On a d’abord choisi nos destinations. Puis on est resté deux ou trois mois dans chaque ville. On passe beaucoup de temps à parcourir la ville, chercher des lieux qui nous plaisent et dans lesquels on a une histoire à raconter. Ensuite seulement on passe à la prise de vue. Enfin, on laisse toujours passer plusieurs mois avant de revenir sur les images. On veut avoir un certain recul pour choisir uniquement les images essentielles.
Age13 : Qu’aller vous faire de ce projet ?
Simon : Nous préparons actuellement une exposition en Belgique, au Musée de la Photographie d’Anvers, FoMu.
Ensuite ce serait intéressant de faire voyager ce projet comme à Paris, et dans le reste du monde.













Nicolas Moulin. « Vider Paris »
Interesting article, but this happening only in Europe, but in developing countries, is opposite.
Concept intéressant et réalisation convaincante mais ce que je voudrais savoir, c’est si l’unique personne qu’il ont conservée sur chaque image est un figurant placé là par photo-montage ou bien une véritable personne qui se trouvait sur les lieux. Et, dans ce cas, quels furent leur critères pour la sélectionner, cette personne…
Car après tout, elle ne symbolise rien de moins que l’humanité entière; que ce soit celle qui a survécu, celle qui a disparu ou encore la nôtre, qui va bientôt l’avoir dans le c__.
Je vais leur poser la question !
Pas de réponse ?
Réponse de Lucie et Simon
« Chaque personne sur les images est une personne trouvée sur place, lors de la prise de vue.
Et en ce qui concerne la sélection des personnes, c’est difficile à dire, disons que l’on cherchait des personnes que l’on trouvait intéressante par rapport au type d’images que nous souhaitions faire, c’est à dire des images imaginaires surréalistes. La majorité d’entre eux sont d’ailleurs des enfants, certainement car ils gardent toujours une dimension très poétique et vraie, ce qui est très important pour nous, mais aussi car ils symbolisent une forme d’espoir dans ces univers fictifs. »
Pas encore !
Merci à eux pour avoir pris le temps de me répondre.
Je comprends donc leur démarche comme ne voulant pas aller tout au bout de la désespérance mais préférant conserver un certain positivisme… Et c’est pas plus mal ainsi.