The White Noise Project
Elsa Di Venosa et Hugo Deverchère sont jeunes diplômés de l’ENSAD actuellement en résidence en Islande. Ensemble, ils forment The White Noise project. J’ai découvert leurs travaux sur l’excellente plate-forme Arte Creative et j’ai eu envie de leur poser quelques questions.
Age13 : Pourquoi être parti en Islande ?
TWNP : C’est d’abord la dimension lunaire des paysages qui a déclenché l’envie de concevoir un projet ici. Nous voulions que ces paysages puissent devenir le support d’une intervention que nous imaginerions une fois sur place. Théâtre d’événements et de fictions tels que les histoires de Jules Vernes ou les essais de la NASA qui ont précédés les premiers pas sur la lune, l’Islande a inspiré de grands voyages d’exploration.
Prolongeant le rêve de la conquête de la lune, nous avons travaillé une vidéo qui, a la manière d’un rêve éveillé retracerait les trajectoires croisées de deux voyages dans l’espace, l’un rêvé et l’autre réel.
Le premier voyage, est un voyage mental à travers le rêve d’un personnage et des fictions qu’il génère. De ces images naît la possibilité d’une réalité : le lancement d’un ballon aérien, permettant à une caméra de capter la réalité d’une odyssée spatiale.
Age13 : Comment se passe la création artistique en Islande ?
TWNP : Le milieu de l’art est étonnamment vibrant et riche en Islande. C’est un microcosme dans lequel on trouve vite des points de repères, les galeries et institutions sont ouvertes à toutes sortes de propositions. C’est vrai à Reykjavik mais aussi dans tout le pays : Chaque ville, possède un centre d’art, une résidence ou des galeries. C’est révélateur d’une ouverture et d’une curiosité indéniable. C’est plus qu’agréable de voir que des lieux majeurs de la scène artistique sont aussi occupés par de jeunes artistes ! Ce qui nous donne la chance, dans ce contexte, d’avoir déjà des propositions d’exposer le travail fait ici, ce qui pour nous, est important.
Age13 : Qu’est-ce que ça signifie « the white noise project » ?
TWNP : « TWNP » n’est pas le titre de notre travail en cours, mais le nom que nous avons décidé d’attribuer à notre collaboration. Cela fait à la fois référence à une neige d’écran et à une fréquence sonore. Une interférence; au fond un moment de perturbation entre deux réalités. C’est simplement là que nous situons notre volonté commune d’intervenir artistiquement : remettre en question une perception statique de la réalité.
Age13 : Comment présentez-vous votre travail/collaboration ?
TWNP : C’est à la fin de nos études que l’on a envisagé de travailler ensemble. L’un est plus sensible à l’image et l’autre à l’espace, nos champs d’intérêts ne sont pas identiques, mais très complémentaires. Là ou on se retrouve vraiment c’est sur la manière dont on envisage le processus de création. On a cette volonté commune de faire exister un projet à travers plusieurs médiums et de proposer un travail qui puisse s’échapper des formats habituels.
Age13 : Qu’est-ce que vous avez envie de dire à travers votre production artistique ?
TWNP : Nous partageons l’idée et le désir que notre travail puisse être perçu comme l’exploration de mythologies collectives. Les situations que nous dessinons recomposent des récits, des territoires qui donnent à percevoir des phénomènes, échelles, histoires qui dépassent notre appréhension habituelle du réel. L’idée est de replacer au centre de l’appréhension du travail le rôle de la perception et de l’ imaginaire de chacun, en dehors de toutes interprétation figée.
Age13 : Vers quoi on se dirige quand on sort de l’Ensad ?
TWNP : Comme tous les jeunes artistes, à la recherche d’une galerie !
The White Noise Project : leur site internet et leur espace Arte Creative












