Our age is thirteen… +1

Lundi, octobre 15, 2012 |  by  |  Portraits

Dans deux semaines, Our age is thirteen aura un an. L’heure est au bilan… et aux interrogations surtout. Pour ceux qui me connaissent, cette phrase doit bien les faire rire. Trois fois par semaine, je me réveille persuadée que mon travail ne mène nulle part et que je dois tout arrêter. Et pourtant, chaque fois je reviens à la raison : continuer, persévérer, s’interroger certes…mais surtout continuer. Sauf que ces dernières semaines, mes doutes sont devenus plus insistants. Vous avez du le remarquer d’ailleurs, je n’ai rien posté depuis plusieurs jours. J’ai pourtant des articles sur le feu, mais je ne sais plus quel sens leur donner. J’avais besoin de prendre du temps pour réfléchir.

Quand j’ai commencé Our age is thirteen, j’avais un objectif très précis, des questions très précises et surtout une motivation très forte. Je ne supportais plus le discours défaitiste qu’on sert aux jeunes : « Non, ne te lance pas dans le journalisme, c’est bouché », « Photographe ? C’est bouché aussi ». À une époque où l’on a besoin de visionnaires, je crois qu’on tue l’espoir en véhiculant ce genre de message. Que ce soit difficile certes, mais impossible, je n’y croyais pas. Alors, j’ai voulu interroger des professionnels. Je voulais savoir comment ils y étaient arrivés. Pourquoi s’étaient-ils battu ? Est-ce que ça valait le coup ? J’ai publié plus de 150 interviews. J’ai 150 réponses différentes. Pourquoi devient-on photographe, journaliste, vidéaste ? Il n’y a pas de réponse mystique. Les hommes ont besoin de s’exprimer. Il y a ceux qui savent parler, ceux qui savent écrire, et ceux qui s’expriment à travers l’image. Point.

Qu’est-ce que j’attendais de ces réponses ? Je crois que je voulais me rassurer un peu. Je voulais transmettre l’expérience des professionnels à ceux qui hésitent, comme moi, ceux qui ont un peu peur et qui ne savent pas par quel bout commencer. Je voulais sortir de la déprime, porter un message positif et encourageant, que moi même j’avais besoin d’entendre.

Je dois maintenant aller plus loin. Beaucoup de questions ont émergés de toutes ces rencontres : comment l’artiste choisit-il son sujet ? qu’est-ce que ça signifie d’être artiste à l’échelle d’une vie ? pourquoi l’image nous parle-t-elle ? a-t-elle des limites ? lesquelles ? comment lit-on une image ? a-t-elle besoin d’un contexte ?

Alors, quel chemin je prend maintenant ? Qu’est-ce que je fais ? Quand j’y pense, je vois une énorme plaine complètement vide. Carole (de Zmâla) m’a dit ce week-end : « C’est le champ de toutes les possibilités qui s’offrent à toi ». Elle n’a pas tort.

Je veux continuer à faire des interviews et les partager ici. Je veux faire découvrir le milieu de l’image à travers les gens qui le font vivre. Je veux parler de ce qui m’inspire. Je veux grandir.

Our age is thirteen, +1.

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6 Comments


  1. Molly,

    La seule chose que je peux te dire c’est de ne surtout pas lâcher l’affaire. La difficulté tu la rencontreras dans tous les domaines alors autant vivre la difficulté dans ce que tu aimes, sinon tu vivras frustrée de passer à côté de ta Vraie Vie.
    Courage ! Tiens bon ! Et toutes tes questions sont légitimes et tu n’as pas fini de t’en poser ! :-)
    Bises.

    Frédérick.

    • Merci Frédérick. J’ai bien l’impression que ça n’est que le début !

  2. Je découvre ce site. Je salue l’initiative.
    Pourquoi se battre, dites-vous ? Pour l’Envie et pour l’Autre, selon moi.
    Quel que soit son métier, quel que soit son chemin.

  3. Je viens de découvrir ton activité, ton site, j’ai envie de connaître la suite, tu crée du désir, continue c’est ce qu’il y a de plus beau…….

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